Mardi 19 juin 2007

Rencontre

Bien avant le lever du soleil, nous étions, Arvor et moi, installés sur la place du marché. Ma chasse nocturne avait été fructueuse et j'avais aussi profité des dernières braises du feu mourrant pour préparer quelques potions de ma composition. Habillé de pauvre façon, je me tenais vouté pour ne pas révéler ma grande taille. Je me tenais un peu en retrait de notre étale et Arvor se chargeait de discuter tarif avec les clients... il y prenait d'ailleur un plaisir visible et le sourir qu'il affichait, comme tout bon commerçant qui se respecte, ne semmblait n'avoir rien de feint.


la journée avançait et je commencait à avoir des fourmis dans les jambes. L'obesrvation n'est vraiment pas mon fort, je suis un elfe d'action. Je parti donc me promener un peu avec quelques piecettes en poche afin de faire le tour du marché comme n'importe lequel des citoyens de Vive-Griffes.

Le soleil commencait a monter haut dans le ciel, mais toujours aucune trace des hommes noirs. Arvor me paya un ragout délicieux pour le repas du midi. Cela me rappela de doux souvenir et me redonna le moral pour continuer nos recherches. Il me proposa de visiter la cité et de se rapprocher un peu de la villa de Erald.

Une fois en vu du batiment, le terme de villa ne me sembla pas approprié pour decrire l'imposante batisse qui protégeait l'étrange Culte. Forteresse, Chateau... le batiment avait plutôt l'air d'un édifice à but défensif...mais pour se défendre contre quoi? Les alentours étaient tout ce qu'il y avait de plus paisible. La seule option était que ce batiment devait protéger quelque chose de la vue du reste du peuple...la réponse à toute les questions se trouvait donc à l'intérieur!

Alosr que nous commencions a nous approcher, les grandes portes en bois renforcées s'ouvrir pour laisser le passage à une longue file d'homme encapuchonnés... menée par un homme entierement vétu de rouge. Chaque religieux portait un plateau argent entierement couvert de viande encore fumante. En quelques instants seulement une nuée de villageois c'était abattu, tel un nauge de mouches ou de charognards, sur les hommes en noirs. Les plateaux avait été vidé et nettoyé. Plus rien ne restait.

L'homme en rouge avanca alors à travers la foule pour s'y adresser d'une voix envoutante:


"- Mes enfants, le Dieu du chaos dont je suis l'outils vous a nourri aujourd'hui encore! Il est l'heure de lui rendre grâce en psmalmodiant les sainte paroles...ensemble recueillons nous..."

Alors que le chant grave s'élevait dans les airs, et que les citoyens baissaient la tête, le soleil me parut soudain moins chaleureux. D'étranges nuages noirs s'amassaient dans le ciel. Ils ne se déplacaient pas grâce aux vents qui étaient inexistant mais semblaient apparaitre et s'épaissir a vu d'oeil. Dans cette étrange nuit, les citoyens continuaient à prier, semblant ignorer les étrangetés du ciel... Et comme un coup de tonnerre, le silence se fit.


Rien n'avait bougé, tout semblait comme figé... en fait tout était figé! Je regardais autour de moi, saississant des scenes anodines, suspendues dans le temps. Le silence était pesant... morbide presque. On se serait cru dans un village fantome... des maisons avec des murs et des toits mais sans habitant, sans âmes. l'obscurité reignait partout...


"- Et bien qu'avons nous la?"

Je me retournais pour tomber nez a nez avec l'homme en rouge... enfin nez a nez... l'expression n'avait pas grand sens puisque son nez brillait surtout par son absence. Il avait rejeté sa capuche et ses yeux livides me fixaient d'une intensité malsaine... Sa peau craquelée semblait sur le point de tomber en lambeau. Ses dents pourries avaient l'air de s'accrcher aux gencives comme un chat a une branche au dessus d'une riviere. Il avait l'air d'un cadavre... Il me tendit d'ailleur une main squelettique, pas dans le sens maigre... réellement squelettique, sans peau ni chair...

"- Bien le bonjour messire elfe, je me nomme Carael Filombre, grand adepte du seigneur du chaos. A qui ai je l'honneur?Dit il d'une voix aimable et chaleureuse

J'étais pétrifié... rien ne m'avait préparé a ça. Arvor avait dit des hommes... mais pas des hommes MORTS!

"- Hum, vous avez l'air quelque peu troublé par mon apparence...Je vais donc répondre pour vous. Il va sans dire que vous n'êtes au fait des dernières trouvailles en matière de nécromancie, je me permet donc de supposer que vous n'êtes pas un mage.

Vous êtes vétu comme un homme, semblant vouloir vous cacher, vous méler a eux. Vos oreilles pointues trahissent cependant votre appartenance à la race elfe, et les elfes n'ont pas l'habitude de se melanger aux hommes. Deux solutions alors, vous êtes un paria, ou un enfant abandonné. Les six doigts qui ornent vos mains me font pencher pour la deuxième hypothèse.
Maintenant la raison de votre venue... humm..."
Il regarda alentour "Oh mais n'est ce pas ce porc d'Arvor a coté de vous? Je l'ai chassé et il revient... tsss quelle imprudence. Patientez un instant je vous prie, je crois comprendre..."

Il fit un petit geste de la main et fut alors réellement pétrifié. Il sourit et s'approcha d'Arvor. Apres lui avoir posé les mains sur la poitrine, il mumura quelques mots. Une étrange lueur apparue alors dans ses paumes. L'opération ne s'éternissa pas. A une vitesse folle, Carael sembla se réconstruire. La chair apparaissait entre les os et la peaux se faisait plus lisse... a contrario, Arvor semblait tomber en poussière... Après quelques minutes il ne resta d'ailleur de lui qu'un monticule de cendres. Carael s'essuya les mains sur sa tunique rouge sang et se retourna vers moi

"- Ah, vous n'imaginez pas le plaisir que ça peut procurer! Alors vous veniez pour me tuer? Enfin pour me tuer... encore?"
Son rire n'avait rien de chaleureux. Il me regarda et sembla attendre ma réponse...L'enervement commencait a poindre sur son nouveau visage

"- Repondez!" hurla-t-il
Toujours paralysé je ne pouvais malheureusement rien dire et j'étais a la merci de la liche...Ses yeux neuf, d'un bleu intense me fixaient tel un prédateur observant sa proie, sûr de sa victoire... il s'approcha alors et me murmura à l'oreille:

"Je n'ai encore jamais mangé d'elfe... mais j'ai l'impression que je vais me régaler de ton essence..."

 

 

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Mardi 19 juin 2007

La religion obscure

Qu'est ce que l'honneur si ne n'est un concept de vie idéaliste. Comment juger si une occasion est honnorable ou pas? Qui peut bien pouvoir devenir cette idée. Certains argueront que l'honneur est un concept universel. Dans mes nombreux voyages j'ai découvert de nombreuses cultures et chacune à une vision particulière de cette idée. Pour certain, il est honorable de mourrir au combat. Mais qu'importe l'honneur dans la mort? Pour d'autres, l'expression "honnorer une femme" prend tout son sens dans le viol des épouses des soldats vaincus. Vivre une vie saine et sans exces est honorable, prier chaque jour est honorable, boire 3 tonneaux de biere fraichement tirée sans tomber par terre est honorable. Peu importe l'endroit ou vous vous trouvez, une action sera toujours honorable: se ranger du coté des causes perdues, aidez les faibles contre les puissants, soutenir le mourrant et le protéger de son épée... tel fut mon choix, et jamais je ne l'ai regretté.


Pendant plusieurs lunes, je restais avec la "troupe" d'Arvor. j'appréciais la compagnie de cet homme lettré et de ses compagnons. La plupart n'avait jamais connu d'elfe, mais je ne pouvais cependant pas combler leur curiosité au vu de mon ignorance des coutumes obscure qui enturent la race à laquelle j'appartiens. Durant un temps je fut le maitre. Leur apprenant diverses passes d'armes, quelques notions de statégie. nous apprîmes a nous connaitre apres de longues heures d'entrainement sous le soleil de plomb. Puis je devins l'élève de l'oeil. Il m'appris à maitriser mon souffle, controler les batements de mon coeur, assurer mon bras.

Une fois le soleil couché, je partais avec l'oeil a la chasse. Je n'avais jamais eu l'occasion d'effectuer du travail d'équipe mais cette première expérience me rempli de joie. Savoir comment l'autre va réagir, atteindre des objectifs plus difficile que seul. Jamais la troupe ne manqua de viande tant notre complicité devint manifeste. Cela me surpris d'autant plus qu'il était muet. A certaines reprises, je cru cependant entendre sa voix mais ça ne devait être que l'effet de la fatigue probablement...

Les campements que nous établissions pour dormir avec la troupe se rapprochaient de plus en plus de Vive-Griffe. Arvor m'avait dit que bientot nous verions les voluptes grises des fumées des fermes, peut être rencontrerions nous quelques paysans braconnant dans la forêt, peut être entenderions nous les rires des enfants. Le temps était venu pour lui de me décrire en détail ce qui se passait dans ce village. Un fois les hommes endormis après plusieurs parties de dés, je restait avec Arvor à apprendre son monde lorsque je lui demandais:


"- Que c'est il passé dans ton village? Si nous devons nous y rendre, il faut que tu m'expliques.

- Je reconnais bien la ta franchise mon ami
, dit-il."

Il soupira, puis son regard sembla s'égarer un instant. Ses yeux semblerent briller un instant, puis il prit une grande bouffée d'air pur de la forêt et commença son récit.


"- Comme je te l'ai déjà expliqué, tout a commencé lorsque Erald a pris le controle du village. Ca n'a jamais été un homme bon. Certains disent qu'il ne sort jamais de sa place forte, que ses tares physiques sont nombreuses et que sa santé mentale fait du lui un homme instable. Certaines des filles de la taverne sont parfois "invitées" chez lui. Jamais une n'est revenue. Mais c'est le fils de notre ancien seigneur et c'est son droit le plus strict.
Le tableau tel que je te le peint te semble peut être simpliste, tu penses qu'en supprimant Erald nous retabliriont l'équilibre et la justice dans le village

- Je n'aime pas apporter la mort, mais cette option me semble la plus judicieuse cependant
, dis je dans un sourire

- Détrompe toi! Tu ne connais que la partie visible du probleme. Ce que je vais te raconter là ma couté presque la vie. Je suis un homme curieux je le confesse bien volontier. La curiosité m'a permis dans une vie antérieure de réaliser de très bonnes affaires...C'est cette curiosité qui m'a poussé un soir a me rendre près de la demeure d'Erald. Ce que j'ai vu cette nuit la aurait pu me couter la vie. Heureusement que malgres mon poids j'arrive a savoir quand il faut détaler comme lapin...


- Tu tournes autour du pot, mon ami. Qu'as tu vu?

- Des hommes noirs. Certains les appelles les corrompus. Je ne sais pas comment ni pourquoi ils sont arrivés la. Tout ce que je sais c'est qu'ils n'ont rien a faire ici. j'ai fut une sorte de rituel obscure. j'ai vu noter seigneur plier le genou devant un homme vétu d'une tunique d'un rouge sombre. J'ai entendu des paroles étranges, dans une langue que je ne connais pas. Lorsque le feu a jailli des main de l'homme rouge, j'ai pris mes jambes à mon cou.
Tout ce que je sais, c'est que depuis ce jour, les hommes noirs se sont repadnu dans nos campagne. Ils prechent. Ils prechant une idée étrange, un chaos organisé. Un empereur unique au service d'un dieu tenebreux qui étendrait son influence sur le monde. Ils se sont servis des plus faibles pour assoir leur pouvoir. Nombre de mendiant se sont vu nourris contre leur conversion. j'ai voulu m'y opposer, je me suis fait chasser...La source du véritable mal, c'est ce culte. Erald n'est probablement qu'un pantin dans les mains de ces hommes. Le peuple est affaibli par ses décisions et le hait. Les paysans se tournent alors vers ceux qui les aide. Les religieux sont donc la source de tout les maux, mais c'est aussi eux qui en tire tout les bénéfices.

- Ainsi ce n'est pas Erald qu'il faut combattre mais les religieux...et nous n'aurons pas le soutient de la population. Penses tu que l'on puisse lutter a 5 contre une religion? De plus cet homme en rouge semble avoir de droles de pouvoirs...

- Nous pouvons lutter. Nous pouvons vaincre ou être vaincu, mais nous aurons agit. Dans la mort nous saurons que notre combat était juste et honorable. Mais il y a peut être une autre façon de faire... "coupe la tete d'un serpent et tu ne craindras plus son venin" comme disait mon pere. Abattons l'homme en rouge, revellons au village les objectifs du culte. Tournons la roue du destin et voyons si la chance et de notre coté. Si nous parvenons a changer les choses, tu deviendra un heros, adulé par les peuples, célébré et aimé... dans la cas contraire nous ne seront plus de ce monde pour voir l'étendu de l'ambition des hommes noirs. Des personnes meurent toujorus de faim à Vive Griffe, il nous faudra faire vite... Alors qu'en penses tu?"



Le sujet était effectivement bien plus délicat qu'il ne me semblait. De quel droit pouvais je m'opposer à une religion? Comment juger si un culte est nuisible ou bénéfique? Toutes les religions vivent grâce a leurs fideles, par leurs dons et par les impôts qu'ils perceçoivent. Ou se trouve la limite?


"- Nous irons demain sur le marché vendre les lapins que je chasserais cette nuit. Je verrais alors la situation d'une façon objective. Et si je décide de t'aider, je ne comtpe pas mourir mais bien changer les choses. C'est pour cette idée que la reine des fée ma elevé. Je dois devenir le fil indomptable de l'Histoire, et j'ai choisi le coté des faibles, celui des faibles et de l'ordre juste. Dors maintenant mon ami. Il sera fait ce qu'il doit être fait... mais pour ça il nous faut des forces... et des lapins. Prends des forces, je m'occupe des lapins"

Dans une nuit sombre et sans lune, je partis à pas feutré à la recherche de gibier. Quel plus grand honneur que celui de sauver un village oppressé... mais je n'avais pas la légitimité de le faire. Je devais prendre parti, et j'avais depuis longtemps choisi le coté de l'honneur. les hommes noirs auraient donc affaire à moi très bientot. En attendant, je me concentrais sur la chasse au lapin.

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Mercredi 14 mars 2007

Discussion sous les étoiles

J’ai toujours eu du mal à comprendre le concept de justice. Sur quoi ce base ce principe, si ce n’est sur des idéaux propres aux rédacteurs du texte de loi. Certes, dans certaines contrées lointaines, ces rédacteurs sont censé représenter le peuple et donc rédigé un texte en accord avec les principes de la population. Mais il y aura toujours un homme pour s’opposer à la loi, pour l’enfreindre, la violer. L’idée même de justice, d’égalité devant la justice, n’a jamais été entièrement appliquée. Il y aura des cas ou un acte criminel pourra être considéré comme héroïque par certains.


Cette discussion, je l’ai eu à de nombreuses reprises avec certains des sages les plus éminents de notre monde.  Dans toutes les civilisations, le vol est puni par la loi. Mais si je suis affamé et que je vole une pomme, suis-je coupable du même crime que le trésorier qui détournerait les fonds du royaume ? Si je tue un homme, qui essayait de me tuer, suis-je comparable aux assassins de la Main Noire ? Si une différence existe, alors un de ces portes couteaux pourra mettre en avant le fait que s’il n’avait pas tué sa cible, il aurait sans doute lui-même péri. Et s’il n’y aucune différence, alors le voleur de pomme finira sa vie au cachot avec le trésorier royal. Vaste, très vaste problème que pose la justice. Et c’est dans la nuit, entouré d’homme blessé, que j’en eu pour la première fois une idée de l’étendu de dilemme.

J’avais passé longtemps à poser des cataplasmes sur les hommes que j’avais moi-même touchés. J’avais guéri ceux qui avaient essayé de me tuer. Seul un cas semblait vraiment grave, mais avec quelques jours de repos il se relèverait, cet homme deviendrait sans doute boiteux cependant. Une fois ma tache d’infirmier terminé, je retournais m’avoir près de mon feu que les deux hommes indemnes avaient ravivé. Après quelques minutes de tension silencieuse, je me décidais à ouvrir la discussion pour tenter de comprendre les faits et leur histoire.


« - Tous vos hommes verront le jour se lever demain matin.
- Et nous vous remercions, de votre sollicitude mon seigneur
, dit l’homme gras en baissant la tête.
- Je ne sais ce qu’est un seigneur.

- Tu sembles ignorer bien des choses. Tu connais la maîtrise des armes mais tu ne reconnais pas un arc. Tu connais la pitié, mais pas la chevalerie. D’où viens tu ?
- Comme je te l’ai dit, j’ai été élevé par les fées au cœur de la forêt plus à l’Ouest. Puis des gens d’une bonté inestimable m’ont recueilli. Irulan et Maerick sont dans mon cœur comme mes parents, ils m’ont appris tout ce que je sais et m’ont donné mon nom. Maelan. »


J’avais résumé mon histoire, en quelques mots comme une leçon bien apprise. L’homme eut l’air surpris.

« - Ainsi, Irulan et Maerick n’ont pas été enlevé par un Démon comme nous l’avait dit le grand prêtre. Je comprends mieux pourquoi tu ne connais pas l’arc. Maerick le considérait comme l’arme des lâches. Il t’a appris a te défendre avec l’arme des rois. Il avait de grands espoirs en toi.

- Suffit, mon passé ne regarde que moi. Je t’ai conté mon histoire et je t’ai dis mon nom. Ne devrais tu pas en faire de même ?
, le ton était plus cassant que je ne l’aurais souhaité.
- Il est vrai que je vais à l’encontre de nombreuses règles de politesse. Je suis Arvor Brindejonc. Et mon acolyte est muet, on le surnomme juste l’œil, pour son habilité à l’arc. Les hommes que tu as blessés étaient autrefois mes serviteurs, j’étais un grand propriétaire du village de Vive-Griffe. Aujourd’hui, je ne suis plus qu’un bandit, cherchant avec sa troupe le moyen de survivre dans cette contrée hostile.

- Pas si hostile que ça quand on la connaît bien. Que c’est il passé ?

- Et bien, les ennuis ont débuté il y a une quinzaine d’année, lorsque notre bon seigneur Rodrick Sulimon est décédé. Son fils Erald a repris les rênes de notre contrée. Il a augmenté ses parts sur nos récoltes, arguant qu’il nous offrait une meilleure défense. Mais ses soldats nous ne les croisions que soul au petit matin dans les tavernes. Nos réserves se sont rapidement réduites, et la famine a par deux fois ravagées notre campagne. Soutenu par tous les villageois, je vu désigné pour porter nos doléances a Erald. Il me reçu et a la fin de notre entretient, il m’annonça qu’il réquisitionnait mes terres et que j’allais être chassé. Ce fut le cas. Et depuis près de deux lunes, nous braconnons les terres qui étaient autrefois notre. »


Le silence s’abattit sur le campement. Même sans saisir l’ensemble de son discours, je comprenais au son de sa voix la tristesse que devait ressentir cet homme. La situation semblait délicate. Soudain, Arvor reprit la parole, la voix emplie d’une colère nouvelle.

« - Nous devons renverser ce tyran ! Je t’en prie. Je t’en supplie. Apprend à mes hommes à combattre. Il faut que justice soit faite. La situation n’a que trop duré. Nos enfants meurent ainsi que nos femmes. Nous nous acharnons à la tâche du matin au soir pour voir plus de la moitié des récoltes finir entre les mains de ce monstre. Aide nous ! Tu es un grand guerrier, transmet nous ton savoir. »

Je fus surpris par cette demande. Je ne connaissais pas les hommes qu’il me demandait de former. Il s’était mis à genoux pendant son discours, joignant les mains comme Irulan le faisait tous les soirs. Ce petit bonhomme rondouillard semblait empli d’une force sombre, brûlante comme le feu, l’entraînant petit a petit vers une forme de folie. Je ne pouvais décemment pas laisser son âme être ainsi corrompu alors que j’avais soigné le corps de ses amis. Aussi ne puis-je qu’acquiescer à sa demande. Le sourire qui éclaira alors son visage fut ma première récompense.


Nous discutâmes longuement Arvor et moi cette nuit la. Il m’expliqua de nombreux termes. Je compris la servitude et le pouvoir. La justice et la clémence. L’argent. Avant l’arrivée de l’aube, je lui conseillais de dormir quelque peu. Je changeais alors les pansements des blessés, réfléchissant aux conséquences de mes actes. Je n’en saisissais pas tout les tenants et encore moins les aboutissants. Mais la Reine des fées m’avait demandé de tisser mon histoire. Mon fil allait bientôt croiser celui du village de Vive-Griffe, et de son tyran : Erald Sulimon.
Pour Arvor, il était question de justice et d’honneur. Pour moi, il ne s’agissait que d’une expérience nouvelle, une autre chose à découvrir et comprendre.

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Mercredi 14 mars 2007

Rencontre forestière

L’expérience est une chose particulière trop souvent associé à la mémoire. De mon point de vu, elles n’ont rien a voir. Pour certains peuples, au crépuscule de la vie, la mémoire subira de plein fouet les ravages du temps, l’expérience reste vivace jusqu’aux derniers instants de la vie. Il n’est pas rare de voir un maître d’arme enseigner son art du combat appuyé sur une canne ou assis dans un fauteuil. Cette différence vient du fait que la mémoire est associée à l’esprit, et l’expérience au corps.  Comment oublier un coup douloureux porté lors d’une parade trop lente ? Mais pourquoi se souvenir du nom du palefrenier qui a pris soin de votre monture après une rude bataille ?


J’ai vécu de nombreuses expériences, et la vitalité de ma race me permet d’y associer de nombreux souvenirs.  Le premier sang versé au cours d’un combat reste, je pense, une expérience et un souvenir impérissable pour tous les guerriers de toutes les races. Le mien fut versé par un manque d’expérience justement. Une ignorance qui pourtant se révéla un atout particulier dans ma formation.

Je chevauchais plusieurs jours en solitaire dans la plaine. Lorsque la nuit tombait, je cherchais un refuge, le plus souvent un bosquet isolé tel une île déserte sur la mer. Mes connaissances de l’environnement me permettaient de survivre dignement, je développais même plusieurs recettes pour accompagner des racines un peu trop fades à mon goût. Et chaque soir je rendais grâce à Irulan de m’avoir appris le goût des bonnes choses et les manières de les rendre encore meilleures. La vie en voyage est moins organisée que celle à la ferme, elle reste cependant un plaisir particulier. Une forme de liberté, qu’il est doux de goûter dans l’obscurité de la nuit, en écoutant les bruits, à la douce lueur d’un feu de camp mourrant.

J’ignorais tous des risques des voyages. J’ignorais tout du monde extérieur en somme. Je fus donc surpris par une bande nombreuse au début de la nuit. La lune était cependant déjà haute et je pris rapidement conscience du danger face au nombre des adversaires. Quatre contre un. Je me découvris aussi une ouie fine, chose que j’ignorait jusque la. Et aux sons étouffés qui me provenaient des fourrés proches, je compris qu’il était deux de plus. Six contre un. Maerick m’avait raconté avoir survécu à une telle situation. J’étais meilleur bretteur que lui. Tout devrait bien se passer mais il fallait que je combatte.

Les agresseurs ne semblaient pas en bonne santé. Ils étaient mal à l’aise dans l’obscurité, visiblement dérangés par la proximité des arbres. Ils étaient vêtus de guenilles déchirées, leurs chausses usées ne devaient plus beaucoup les protéger. A leurs mines patibulaires, je compris rapidement qu’ils ne me voulaient pas du bien. L’un des deux qui étaient cachés dans les fourrés se leva alors, brandissant une arme étrange que je n’avais jamais vue. Elle n’était pas de métal, mais d’un bois souple qu’il semblait tordre jusqu’à la limite de la fracture. Un morceau de bois jaillit alors, je me souviens avoir eu le temps de l’observer durant son vol. Une simple baguette de bois avec trois plumes, de coq probablement, et une pointe de fer. C’est ce fer qui me fit sortir de mon observation. Le fer tuait. Le fer faisait couler le sang.

Et mon sang coula. La pointe de métal se planta dans mon épaule gauche, la rendant très douloureuse. Je ne pouvais cependant faiblir. J’avais trop souvent vu une biche blessée se laissait tombé, subissant alors les assauts mortels du meute de loups. Je ne serais pas la biche. Je serais le loup. Je saisi alors l’épée de mon père. La lame sembla la luire un instant lorsque je la sorti du fourreau, surprenant alors mes adversaires. Tel un fauve je me lançais sur le groupe. L’épée au clair dans ma main droite, le bras gauche pendant lamentablement.

Une deuxième pointe de fer parti de l’arme en bois. Je l’esquivais sans mal. Je me refusais à donner la mort, l’ayant côtoyé trop récemment de trop près. Je frappais aléatoirement les bras ou les jambes. Réduisant mes adversaires à des corps gémissants, des êtres perdant doucement toute volonté, se concentrant sur leur douleur. Des faibles. La douleur physique n’est rien face à la volonté implacable du corps entretenu. Bientôt il ne resta plus dans la clairière aucun homme debout. Je redoutais cependant quelque félonie des deux couards qui se cachaient dans les fourrés et je restais donc attentif. Une voix tremblante dans l’obscurité de la nuit, une langue que je connaissais.


« - Paix mon ami. Paix. Nous ne sommes pas des guerriers dignes de toi. Nous ne voulons pas la mort. Nous ne désirons que survivre. Les temps sont durs, nous sommes chassé de partout. Nous n’avons fait que nous plaindre de la gestion dramatique du royaume pour mériter ce sort de brigands. Ai pitié de nous.
- Je ne souhaite pas voir la mort. Elle m’a fait trop souffrir. Tes compagnons survivront s’ils sont forts. Si tu sortais de ta cachette avec ton acolyte à l’arme étrange afin que je ne redoute pas quelque félonie de ta part. Et peut être alors pourrais je rendre les douleurs de ces hommes blessés plus supportable. »


Un petit homme rondouillard s’avança alors. Il était flanqué d’un autre homme, plus grand, plus maigre. Il semblait abattu souffrant presque autant que les hommes qui avaient subis ma colère. La peur. Je la sentais presque. Des faibles, sûrement opprimés trop souvent, dont la seule faute avait été d’essayer de se soulever contre cette oppression. Je pris pitié comme il le demandait.

« - Ne craignez rien. Ravivez le feu, faites chauffer de l’eau. Je vais prendre soin de ceux qui me voulait du mal. Je ne te demanderais qu’une chose. Quelle est cette arme ? Dis je en pointant la longue tige de bois que portait l’homme maigre. »


L’homme sembla surpris.

« - D’après ton apparence, tu es elfe. Et tu ne reconnais pas un arc quand tu en fois un ? Celui la est de pauvre facture il est vrai, mais les tiens ne sont ils pas les maître de l’archerie. Ta requête me surprend. D’où viens tu ?
- Je fus recueilli par les fées. Elever par les meilleurs êtres que cette Terre ait portés. Je vais soigner tes amis et en échange tu m’apprendras l’usage de cette arme. Un arc dis tu ?
- Soit. Que la parole donnée sous la lumière lune reste valable sous les rayons du Soleil. »


De bien nobles paroles dans la bouche d’un homme qui semblait faible. Je sentis la sincérité dans sa voix. Je partis donc dans le cœur de la forêt, à la recherche des herbes qui soignent. Les fées m’avaient appris la médecine, et ce souvenir était encore frais dans mon esprit. Cette nuit avait été source d’expérience. Méfies toi de ce que tu ignores. Ne donne pas la mort s’il cela n’est pas nécessaire. Ton ennemi n’a pas forcément choisi de l’être.

Sous les étoiles je tirais sur le morceau de bois qui était encore planté dans mon épaule. La douleur fut vive mais passagère. Le corps est souvent plus fort que l’esprit. Un mince filet de sang sali ma tunique. La leçon serait retenu par mon corps.

 

 

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Mercredi 14 mars 2007

Premières larmes

La mort a ceci de particulier qu'elle accompagne la vie. Elle est essentiel a tout. Sans mort, comment pourrait il y avoir de la vie? Comment se nourriraient toutes les espèces animales? On pense souvent de façon faussée aux prédateurs qui doivent tuer pour se nourrir, mais les herbes sont aussi des être vivant et contraints de la même façon à la mort. La différence particulièrement notable entre les espèces animales et celles que l'on nomme "civilisés" est le plaisir. Jamais un animal ne tuera pour le plaisir de tuer, jamais il ne provoquera la mort pour répondre à ce besoin. Certains argueront à ceci que le soldat ne tue pas par plaisir, il fait son travail. Mais ce travail consiste en fait à satisfaire un seigneur quelconque pour qui la mort d'un adversaire sera un plaisir.


Certains trouveront la mort belle par certains aspects. Elle met un terme a une existence emplie de plaisir et de joie. Elle sera célébrée comme telle. Cependant, cet aspect est bien souvent une façade et tous les peuples ont créé un univers mystérieux qui prendra soin de l'âme des défunts. Cela prouve bien que tout le monde craint la mort, chacun voudrait la voir passer près de sa porte et continuer son chemin jusqu'a celle du voisin.

Je n'avais eu d'expérience de la mort que celle du chasseur abattant une proie qu'il ne connaissait pas. Je n'avais jamais eu l'occasion de perdre des êtres chers a mes yeux. A une nuit, j'appris ce qu'était la douleur. Pas la douleur physique, pas la fatigue qui vous saisi après une longue journée de travail sous un soleil de plomb. J'appris les idées noires et les sombres pensées. J'appris la tristesse et la haine du temps. L'injustice de la mort.

Depuis plusieurs semaines, mes parents ne participaient plus aussi activement à la vie de la ferme. La fatigue les prenait trop vite, et les douleurs de leurs corps fatigués leur imposaient des repos de plus en plus fréquent. Je me chargeais donc d'entretenir le potager et le chercher. De faire brouter les bêtes et de la rentrer à la tombée de la nuit. Je m'occupais de la maison, appliquant a la lettre les consignes d'Irulan. Ma soupe n'était pas si bonne que la sienne, mais elle suffisait à fournir un regain d'énergie à mes bienfaiteurs qui étaient si las.

Même sans connaître la mort, on sait lorsque la vie touche a sa fin. Une lenteur supplémentaire dans les gestes, un regard un peu plus vide qu'à l'accoutumée, semblant chercher a découvrir si cette autre pays merveilleux promis par tout les prêtres du monde existe réellement. La nuit a de tout temps semblait plus propice au passage d'un monde à l'autre. Y a-t-il jamais eu une raison a cela? Notre attention à rester accroché à la vie se relâche-t-elle dans notre sommeil? Les prêtres disent souvent qu'il est plus facile de suivre la lumière divine dans l'obscurité. Nul n'est jamais revenu à la vie pour nous en expliquer la raison. Peut être les liches ont elles les réponses a mes questions me dis je cette nuit la.

Car ce fut une nuit que je me retrouvais à nouveau seul dans la plaine. Une nuit comme toutes les autres. Eclairée faiblement par une demi lune. Les étoiles si belles d'habitude semblait ternie. Peut être est ce seulement les larmes emplissant mes yeux qui troublaient ma vision. Ils me quittèrent tout les deux la même nuit. Depuis plusieurs jours je ne dormais pas, restant attentif toute la nuit à leurs souffles irréguliers. Aux premières lueurs de l'aube je rejoignais mon lit lorsque Irulan se levait difficilement pour préparé le premier repas.

Au coeur de la nuit, ils me quittèrent donc. Je ne sais quelle âme abandonna son enveloppe la première. Peut être les deux s'envolèrent ensemble. Je n'entendais plus les respirations. Sans réellement comprendre, mes yeux s'emplirent d'un liquide salé qui me coula sur les joues, ruisselant sans fin. Je ne compris que plus tard qu'on appelait des larmes. Parfois joyeuses mais le plus souvent de tristesse, elles étaient l'expression corporelle des sentiments profond. Je me sentis a nouveau seul. J'entrait dans la chambre de mes parents pour les voir une dernière fois. Ils semblait apaisé. Unis pour l'éternité, jusqu'a ce que le temps efface les dernières traces de leur passage sur la Terre. Peu nombreux étaient ceux qui les connaissaient. La trace la plus palpable était ma mémoire, mon nom. Je ne les oublierais jamais, eux qui m'avait accueilli comme le fils qu'il n'avait jamais eu. Elevé comme le fruit de leur amour.

Je rassemblais quelques biens, notamment mes armes. Maerick m'avait dit que les routes pouvaient être dangereuses. Quelques vivres dans un baluchon de toile, une bonne alimentation était essentielle disait Irulan. Dans le coffre de mon père, je saisis sa lame si finement ouvragée. Il l'avait confiée a mes bons soins de nombreuses années plus tôt. Je sortis de la demeure, me dirigeant vers l'étable. Je scellais le vieux cheval de mes parents. J'ouvris aux bêtes.

Sous la demi lune, les yeux me brûlant. Sous les étoiles, je partis sur la plaine. La maison était ouverte, comme elle l'avait toujours été. Ses habitants à l'intérieur comme d'après moi ils avaient toujours été. Unis jusqu'a dans la mort. Les larmes coulant sur mes joues je m’éloignais une nouvelle fois de mon passé. Tourné comme la Reine m'avait dit vers un futur qu'il fallait que j'écrive. J'étais jeune pour les miens, j'étais un elfe, destiné a vivre une éternité.

Je ne suis depuis jamais revenu sur ces lieux. J'ai croisé la mort à de nombreuses reprises après cet événement, mais jamais je ne connu la même tristesse qui m'avait envahi cette nuit la.

 

 

Par Maelan - Publié dans : maelan-lelfe
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