Samedi 30 août 2008
J'étais seul avec Urlefort dans une caverne. Encore une caverne, comme toutes les demeures de la nation naine. Mais celle ci ressemblait presque a uen pieces classique tel que j'ai pu en apercevoir avant l'attaque a Kalandar. Chaleureuse et confortable. Des douzaines de tentures aux murs, narrant les exploit des anciens seigneur nains. Je pris le temps de les obverser un peu. Tout les nains représentés sur les toiles semblait toujours plus grand que leur adversaires. Des blasons présentaient le nom des héros, j'y vis le pere de Frumbak.

Urlefort était pres de moi, il soufflait régulierement pour chasser la poussiere autant que les mauvaises odeurs.
"- Notre nation est fort ancienne, peut etre pas autant que ceux de ta race, mais bien plus que les humains ou les orcs. Nous avons traversé de nombreuses épreuves et eu de nombreux leaders. Chacun est reprsenté ici pour que chaque nain puisse se souviennir. Malheureusement, beaucoup prenne ces histoires comme des légendes, et ils sont bien peu nombreux ceux qui viennent en quete de verité dans cette pièce. Asseyons nous veux tu? J'ai beau eter un nain infatiguable, la vie et les années ne font pas de cadeau à l'endurance physique."
Nous nous asseyames alors dans des fauteils confortable, et j'en trouvais même un a ma taille.

"- Je te prie tout d'abord d'excuser le comportant d'Umglar. il veille sur notre peuple depuis si longtemps que le moindre changement, même minime lui fait peur. Et aujourd'hui tu nous a apporter des nouvelles bien surprenantes, et pas forcement du meilleur augure. Si je t'ai demandé de venir ici, c'set pour que nous puissions parler sans pression et a coeur ouvert des choses qui nous préoccupe. Sans haine aussi, car Umglar a combattu durant les premieres guerres... contre les elfes. Essayons de prendre les choses par le début veux tu?
- je ne sais pas ou vous voulez me mener mais je vous écoute, oh maitre nain.
Il souris un peu semblant se détendre un peu.

- Appelle moi par mon nom déjà, Urlefort. Je vais te conter l'histoire et les premiere heures bien sombres de notre monde.
Personne n'a daté ses périodes, seule les protagoniste le pourrais, et encore je ne suis pas vraiment sur que les Dieux puisse avir une notion de temps. L'eternité n'est elle pas l'anihilation de toute notion de ce genre? Quoiqu'il en soit, le monde a été créé par les Dieux. 13 Dieux pour être précis, personne ne sait pourquoi, dans quel but, toujours est il qu'il l'ont fait. Dans le cas présent c'est Erda qui nous interesse. Erda était une déesse... les Dieux ont ils un sexe... Toujours est il qu'elle se considerait comme femelle. C'est elle qui fut a l'origine du grand Cycle de la Nature. L'eternelle chaine de la vie et de la mort de tout les être. Chacun avait son role, son domaine réservé, et chacun naviguait parmis celui ci. Les Dieux créérent des êtres pensant. On les appelle chez nous les Drok, d'autre nation lse nomme, les Adims , les Eternels... bien que nous n'ayons aucune preuve réel de leur existance, ils tiennent une place primordiale dans l'histoire de notre monde.
le temps s'écoula, les Drok evoluaient, grandissaient et mourraient, tel que l'avait défini Erda. Mais l'un des Dieux se prie d'affection pour une Drok. Et lorsque l'heure de sa fin survint, il devint tout simplement fou. Il insulta Erda et son Cycle, le refusant, le niant. Et dans sa folie il le rompit. Il retourna chercher sa douce hors du cycle, au dela des frontieres de notre monde, dans celui des morts. Erda ne l'accepta pas, demanda a ce qu'il soit banni par ses freres. Mais nul n'en au le courage. Friho, c'était son nom, ramena d'autre les morts les centaines des miliers d'etres qui avait quitté le monde depuis la nuit des temps pour mener sa guerre contre le Cycle, contre ses frères. La guerre dura longtemps... mais nul camp ne parvenait a prendre le dessus sur l'autre. Les 12 sains d'esprit se réunir afin de discuter du cas a faire du fou. Et ils décidèrent tous de s'exiler, leur intervention sur ce monde risquant de conduire a sa destruction, et ils ne voulaient pas voir s'effondrer leur oeuvre. Les 12 unirent leur force pour s'emparer de Friho, et l'amenerent avec eux au dela des lymbes. Il est dit que la treve fut conclu a ce moment. Que nul Dieux n'interviendrait plus directement dans les affaires du Monde. Oh bien sur, nombreux sont ceux qui les appellent dans leur priere. Les necromanciens prient Friho, les nains se rangent plutot de coté de Artyr, celui qui forgea la planete... mais aucun Dieu ne répond jamais, les récompenses, les exploits sont de nos propres faits. Comprends tu mieux maintenant?

- Erda est intervenue?
- Oui. Et apparement elle a posé sa marque sur toi depuis ta naissance...
- La treve est donc rompue?
- Il est clair que oui. Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi? Mais je pense qu'elle seule pourrais répondre a cette question...
- Merci pour ce cours d'histioire, mais nous ne sommes pas plus avancé...
- Non effectivement, mais j'ai soif.
"

Il pris un tonneau de biere qui trainait la, et se l'enfila d'un trait.

"- Je ne suis pas aussi sobre que mon frère Tsarik, me dit il en me faisant un clin d'oeil.
- Et Méandre? Qui est ce?


- Ouvre bien tes oreilles et ton esprit, ami elfe. Méandre est le Dieux de l'énergie. C'est lui qui l'a insoufflé a chaque chose. On a coutume de dire que Méandre est le Dieu de la Magie, comme Erda la déesse de la vie mais c'est bien sur très réducteur. De nos jours Méandre n'est qu'une légende mais c'est le nom que l'ont donne aux pouvoir de la magie, le méandre.
Mais comme tout Dieu, il n'a pas le droit d'intervenir sur notre monde. Hors d'après ce que tu nous as conté, il semblerait que tu aies fait sa connaissance.


- Comment ça?
- L'enfant. D'après mon interprétation, cet enfant est la forme physique de ton pouvoir magique. Jusqu'a présent seuls quelques grands magiciens ont réussi a "voir" leur méandre. Et cela apers des années d'étude de recherche d'introspection. Et toi tu le fais sans même avoir été formé à trouver le méandre en toi.
- Si Méandre est déjà apparu, alors la treve a éét rompu aupravant?
- Non, tu ne comprends pas. Méandre n'est pas apparu, certains ont donné forme a LEUR méandre, leur force magique... mais tu n'avais même pas conscience de cela...


- Alors Méandre est venu?
- C'est bien ce que je pense en effet.
- Quels serait les conséquence si la treve était rompue?
- Et bien... penses tu qu'un Dieu aies une limite quelconque? Nous ne pouvons connaitre aucun des effets, sinon que si la guerre entre les Dieux reprennait sur ce monde, elle entrenerait des conséquences grave pour tout les êtes pensant, et les paix un peu trop fragile risquerait de se voir compromises. Autrement dit la guerre ne concernerait pas que les Dieux...
- Si ce que vous me racontez est vrai, alors il faut s'attendre a de grand changement dans ce monde?
- Effectivement... il faut s'y attendre. Mais peut etre pouvons nous faire plus. La treve semble rompu, mais la guerre ne parait pas avoir encore repris. Peut etre peut on y faire quelques chose. Pour tout les grands evenements, les Drok nous ont laissé des prophéties, laisser par Ilios, le Dieu du temps, le tisseur. Mais aucun texte ne laissait présagé une reprise du conflit ou une rupture de la treve... Nous sommes des aveugles dans une sombre cavernes sur les événements a venir.
Tu comprends maintenant un peu mieux la réaction de Umglar?


- Oui je comprends, et je crains qu'il n'ai eu raison en voulant simplement m'executer. Si Erda et Méandre interviennent a travers moi, alors si je meurs il ne pourront plus participer a l'histoire de ce monde. La treve pourait etre reablie non?
- Je doute. D'apres les textes, ce sont des Dieux sages et pondérés, je suppose qu'ils n'ont pas rompu la treve en premier. Et dans ce cas, ça veut dire que d'autres Dieux se sont manifesté... Friho surement, c'est le seul qui n'avait pas choisi l'exile. Et s'il est de retour, il faut que nous puissions lutter mais seul contre un Dieu nous ne pouvons rien. Il nous faut les autres Dieux de notre coté. nous devons t'avoir de notre coté.


- Et que devons nous faire alors?
- Chercher Friho. Le ramener a la raison sera impossible, les Dieux n'y sont pas parvenu, mais le forcer a nouveau a l'exile. Retrouver l'equilibre, la treve...
- Et je suppose que vous en pouvez pas m'aider?
- Moi seul non, le conseil des 5 peut prendre une décision en ta faveur, si tu le désires, si tu acceptes cette tache. Dans le cas contraire, tu ne nous aies d'aucune utilités. Tu es inconscient de ta propre puissance et tu pourrais détruire bien plus que nos vies. Tu repérsente une menace si tu n'es pas de notre coté... et les nains ont coutume de dire qu'une menace doit etre anihilé sans faille si la chance se présente...."


J'ai senti le vent se lever dans la piece a cette instant, un vent violent, portant des relents de cadavre putrifiés de boue...


"- Mais c'est le conseil qui décidera de ton sort, suivant ta décision. Médites bien mes paroles.... Repose toi, et soit présent demain a l'audience."
Urlefort me raccompagna juqsu'a la porte de la salle, et deux gardes prirent la releve en me conduisant jusqu'a une piece miniscule sans lumiere. Une prison... Il fallait faire le choix. mourir maintenant ou en combattant un Dieu. Tant qu'a mourir, autant que ça soit le plus tard possible. Je trouverais Friho...
Par Maelan - Publié dans : maelan-lelfe
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Samedi 30 août 2008
J'étais dans l'un des centre nervralgique de la nation naine. Sous les tonnes de pierre du croc de Krysmar, dans les sombres tunels de la cité de Vrohimarg. Dans la grande salle du conseil, j'étais assis dans un siege trop petit pour moi, devant le grand conseil des 5. Ce conseil n'est grand ni part la taille ni par le nombre de ses membres mais par la puissance mystique que detiennent les 5 membres dont le poste est attribué a vie... qui est très longue pour les nains. Et neuf yeux m'observaient, l'un des membres était borgne, la Maitre de l'esprit, dont parait il l'oeil qu'il a perdu lui rapporte ce qui passe de l'autre coté, au pays des morts. 5 Maitres magiciens, pour les 5 essences du monde.

Il y avait Urlefort, maitre du vent et de l'air. Sa peau etait nette, presque dénué de toute ride, lisse comme celle d'un enfant, sa longue barde blanche coulait le long de son ventre bedonnant, alors que ses cheveux semblait s'envoler au moindre souffle d'air qui traversait la piece.
Il y avait Tsarik le sobre, surnommé ainsi pour son aversion de la biere. Il ne buvait que de l'eau. Son verre ne semblait jamais se vider. Légende vivante, il fut longtemps pirate au service du capitaine humain Agrim le téméraire. Il avait depuis longtemps pourtant quitté la mer pour revenir servir son peuple, mais sa peau gardait les traces d'une vie dure au bord des navires.
Il y avait Umglar. Vénérable maitre du feu, precieux allié des forgerons et des alchimiste. On disait parfois que sous la colere, il avait brulé des nains vif juste en les regardant. Ses yeux semblait briller d'une lumiere endormie... tout comme lui d'ailleur, doyen de l'assemblé, il aurait, d'apres certains textes, atteint bientot sa millieme année.
Il y avait Gror. Celui qui parle aux pierres. Il leur ressemblait tellement que ce n'etait pas si difficile a croire. Ses levres étaient fissurées, son front barré d'une creuvasse, et ses yeux, deux trous profond menant tout droit aux abysses.
Et il y avait Inlagrir, celui qui voit. Qui voit tout. L'esprit n'etait pour lui qu'une toile qu'il suffiasit de dérouler pour la lire dans son esemble. Lui mentir c'etait signer son arret de mort car comme il pouvait le dérouler, il pouvait aussi le déchirer, et faire sombrer dans la folie celui qui provoque son couroux.

Frumbak m'avait dit tout ça. Je connaissais ma leçon. Je connaissais ses gens qui eux ne me connaissaient pas. Qui étaient curieux de moi, de me voir, de savoir ce que j'avais fait mais qui n'arrivaient pas a comprendre pourquoi et surtout comment je l'avait fait. J'avais appelé a moi une magie puissante, ancienne et terrible pour vaincre un adversaire non moins terrible. Cela leur faisait peur, je leur faisait peur. Ils ressentaient ma présence comme une menace, et je savais qu'au moindre faux pas, je serais mort avant même d'avoir pu songer a laisser sortir de moi mon dernier soupir.
Un jeune est venu pour reveillé le maitre du feu, qui me jaugea avant de s'adresser a moi avec une voie encore pleine de sommeil
:
"- Ainsi voila l'elfe qui a appelé Erda... Quel est ta nation? Quel est ton maitre, magicien?"
Franc et direct, il bouillonnait en lui un feu que nul a part lui ne pourrait contenir ne serais ce qu'une fraction de seconde. Malgrès son grand age, il restait instabe, irritable.
"- Je suis Maelan, je n'ai pas de clan, pas que de maitre. Je ne suis pas magicien. J'ai été trouvé dans la foret par des fées, abandonné par les miens a cause d'une tare physique. J'ai été élevé par des humains dans les grandes plaines loin au sud d'ici. J'ai combattu aux cotés des votres lors de la défense de Kalandar et je ne sais pas qui est Erda ni ce qui m'a permis de vaincre Imraol.
- il dit vrai,
annonca d'une voie fantomatique Inlagrir, qui m'avait observé de son oeil valide pendant toute ma déclaration.
- Quel interet aurais je a vous mentir? Je voudrais tout autant que vous savoir ce qui c'est passé...
- Silence elfe!
me lanca Umglar en se levant, les yeux rougeoyant. Tu as appelé une force qui appartient au passé, une force bien au dessus de toute compression que ça soit pour les elfes ou les nains. Cette force ne doit plus être, TU ne devrais pas être non plus...
- Du calme frère,
dit Gror dont la voie ressonna longtemps dans la caverne des 5. Tirons cette affaire au clair, et décidons calemement de ce que jnous ferons de cet elfe. Nous devons faire face à de sombres forces, nous l'avons vu a Kalandar, peut etre qu'Erda peut nous aider dans cette lutte. N'agissons pas avec hate...
- Maelan, puisque c'est ton nom, du moins celui qu'on t'a donné, peux tu nous dire ce qui c'est passé avant qu'Erda ne montre sa puissance?"

La voie etait douce, presque chantante, pleine de clame et de sérénité. Elle sentait l'air pure de la plaine, chargée des senteures des betes en sueur et de la soupe qui cuit. Urlefort, n'vait pas besoin de monter la voie pour se faire entendre...Les nains étaient tendus, je le sentais sans avoir de prédisposition particuliere à la deuxieme vues. Il s'accorchaient aux accoudoires de leur sieges en argent comme des nauvragés au morceau de bois qui surnage.
"- Je ne sais pas ce qui s'est passé, Imraol a craché le feu.
- Amateur,
murmura Umglar en claquant discretement dans ses doigt pour en faire jaillir une flammeche.
- Toujours est il qu'il l'a fait, maitre nain, et c'est la que j'ai perdu le controle. J'ai cru voir un enfant blanc se placer devant moi, comme pour me protéger. Il m'a dit que je devais m'ouvrir a la magie, me concentrer sur cette energie qui est en moi...
- T'as t il dit son nom, elfe?
- Non
- Comment était il?
- C'était un enfant, blond, avec une voie calme... je pense que c'est une création de mon esprit. Quel interet cela a t il?"

Les nains étaient intrigués. Il se tournait les uns vers les autres, ils n'avaient pas besoin d'échanger des paroles, ils se connaissaient dpeuis si longtemps. Je les voyais acquiesser ou secouer la tete en signe de négation. Le temps s'écoula, dans cet entretient silancieux, je n'étais pas convié mais je sentais qu'il était question d'une chose plus importante que moi. C'est Tasrik qui s'adressa a moi.
"- Tu ne connais pas la magie?
- Non.
- Comment as tu appris les mots que tu as prononcé?
- Les fées me les ont chanté lorsque je n'étais qu'un enfant.
- Pourquoi les as tu dit?
- Je ne sais pas... L'enfant m'a suggéré de me souvenir des fées, du cerf et de la louve?
- Un cerf et une louve? Les enfants d'Erda! Ca ne peut pas etre ça,
erupta Umglar le brulant. Qu'est ce que cette histoire?
- Pardonnez moi maitre nain, je ne pensais pas que ma naissance pouvait avoir un interet quelconque. D'apres ce que m'ont dit les fées, elles m'ont trouvé entre un cerf et une louve. Sous un chene.
- Non, ce n'est pas possible...
- Je ne sais pas si c'est vrai mais c'est ainsi qu'on me l'a raconté.
- C'est impossible!!!
Umglar c'était levé et je sentais la chaleur de son souffle.
- Cher Umglar du calme...
dit Inlagrir, il dit la vérité.
- Mais ce n'est pas possible, ça ne peut etre, Elle ne peut pas revenir, elle n'en a pas le droit. Si c'est le cas, Elle a rompu la treve, et le monde cours a nouveau a sa perte. Nous ne pouvons prendre ce risque!

Ses yeux... je ne pouvais détourner mon regard du sien. je sentais une goute de sueur perler sur mon front... il avait ma vie non pas entre ses mains mais au fond de ses yeux.
- UMGLAR! SILENCE!
La caverne trembla, Gror ne semblait pas satisafait de la tournure que prenait les événements et voulait le faire savoir. La pierre de la salle sembla un instant gronder...Puis le silence. Je ne comprenais pas la moitié de ce qui se passait. Quel risque avais je pris. j'avais suivi les conseil de cet enfant et cela semblait avoir des conséquence autrement plus grave. Urlefort repris la parole, associant ses mots a un air de douceur.
"- Sais tu ce qui est Méandre, elfe?
- Non.
- Connais tu la guerre des Dieux?
- Je n'en ai jamais entendu parler, maitre nain, qu'ai je a voir avec cela?
- Peut etre rien... peut etre.
Il s'adressa alors a ses confreres, a haute voix que je puisse comprendre. Mes frères, il faut que j'éduque cet elfe pour qu'il saisisse ce qui est en jeu, et pour que je comprenne ce qu'il en est vraiment. Je vais l'amener avec moi à la bibliothèque pour tenter de tirer ça au clair. Retrouvons nous demain.
- Ainsi soit il"
déclara Umglar, et en tant que doyen de l'assemblé il donna un coup puissant de marteeau dans le sol pour clore la scéance du conseil des 5.


Par Maelan - Publié dans : maelan-lelfe
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Lundi 28 janvier 2008

Et le temps sembla s’arrêter.

 

J’avais déjà vécu cette expérience lors de ma première rencontre avec Frumbak, mais elle n’en était pas moins déstabilisante. Plus personne ne bougeait et un silence malsain c’était installé, là ou régnait quelques instants auparavant les éclats de la bataille.

Mon ami nain semblait aussi mal à l’aise que moi, et ses mains étaient crispées sur le manche Sali de sa hache. Il vint à côté de moi pour me glisser quelques mots :

 

« - Ce fut un honneur de combattre à tes cotés l’elfe, mais je doute que nous puissions gagner ce combat. Nul nain n’a jamais survécu à une rencontre par delà le temps avec Imraol, le rongeur de chair. D’après les histoires qui m’ont été contés, c’est lui qui a tué mon père et parait-il, il garde son âme dans une fiole qu’il brandit après les combats pour lui montrer l’étendu de la victoire des sans vie. Je vendrais cher ma peau… et j’espère que tu feras de même avec la tienne l’elfe. Tu fus mon ami, et nos chemins se recroiseront probablement de l’autre côté du monde…

- Je ne le crains pas mon cher nain… je ne le connais ni le craint. Nous avons déjà vaincu ensemble, et cette fois encore nous serons vainqueur de ce combat. Garde espoir, et que la peur n’obscurcisse pas ta lutte. Ensemble nous vainquerons !

- Puissent les dieux de miens te donner raison… »

 

Nous regardions avancer le seigneur des morts…

Il n’avait pas le pas assuré d’un homme dans la force de l’age, mais on pouvait lire dans le port de sa tête et sa façon de poser les pieds, avec toute la délicatesse dont il était capable, qu’il avait été un grand homme, plein de grâce et de pouvoir, dont seul une faible trace transparaissait aujourd’hui. Il avançait droit devant lui, rejetant d’un simple geste de la main les obstacles lui barrant le passage. Il avançait droit vers nous, en nous regardant fixement sans même prendre soin des zombies qu’il écrasait sur son passage. Ses yeux semblait indépendant l’un de l’autre, et je sentais l’un d’entre eux fixé sur moi. Il s’approcha encore…

 

Frumbak et moi attendions. Les Rocs survivants nous entouraient, mais immobile, glacés dans leur lutte. De l’intérieur du cercle formé par ces combattants, nous attendions patiemment…

Imraol n’était plus qu’à une dizaine de mètres de nous et seul le rempart formé par les corps des soldats nains nous séparait encore de lui. Il s’arrêta alors.

 

« - Ainsi, je retrouve les fiers Rocs des nains, dit-il en baissant les yeux vers l’un des soldats. J’en ai tué des centaines… peut être des milliers au cours des siècles, et cette unité existe toujours ? »

 

Il saisit d’une seule main l’un des nains, le souleva et lui arracha tête et casque d’un seul geste rapide.

 

« - Ca ne fera qu’un de moins… »

 

Sa voix était chevrotante. Elle aurait presque pu être attendrissante si son visage n’avait pas été si horrible à voir, et si les mots n’avait pas été prononcés avec une haine palpable. Il attrapa un autre nain.

 

« - Je hais les nains ! »

 

Il le décapita.

 

« - Il ne sont qu’orgueil, puanteur et beuverie. Ils vivent dans leurs cavernes sans autre but que ceux de boire et de devenir riche. Ils sont avides de pierreries, pensant que la richesse leur apportera un quelconque pouvoir… S’ils savaient comme ils se trompent ! La richesse est ce qu’il y a de plus éphémère. Encore plus volage que l’amour des femmes ou la chance au jeu. Ils ne sont utiles à ce monde qu’une fois mort, puis ramenés depuis les obscures terres de l’autre monde pour servir mon armée.

Et vous, vous vous dressez devant moi, pour m’empêcher de purifier le monde de la vilénie des Nains ? Êtes-vous assez fou pour penser que vous pourrez contrecarrer mes plans ? »

 

Frumbak tremblait. Sa poigne sur sa hache semblait s’être relâchée. Je me demande même s’il aurait pu la soulevé à ce moment la… Peut être pour la première fois de sa vie, il connaissait la peur. La peur d’échouer comme son père. La peur de voir son peuple réduit en marionnette pour nécromant mégalomane.

 

« - Je suis Imraol dit le rongeur de chair. De votre peau je me ferais un manteau d’obscurité, dans vos entrailles je lirais mon avenir glorieux et avec vos os je me confectionnerais un collier… Maintenant mourrez !! »

 

Il leva alors son bâton. Je poussais mon ami pour éviter un éclair vert qui sortit de celui-ci. A peine étions nous debout qu’un autre heurtait le sol, puis un autre. C’était un véritable déluge. Nous ne pouvions pas passer à l’assaut, tellement préoccupé que nous étions par l’esquive. Le seigneur des morts riait et le son semblait venir du profond des enfers. Frumbak et moi étions déjà fatigué par le combat… et je ne fus pas surpris de sentir la douleur me mordre la jambe. Le nain sauta à l’abri derrière un rocher. La peur avait sali ses chausses.

 

J’étais allongé. Les éclairs avaient cessés. Le seigneur des morts s’approcha de moi. Je me relevais difficilement et la douleur devait tordre mes traits. Imraol semblait sourire.

 

« - Je me délecte de ta douleur Elfe ! Souffre… »

 

La douleur devint alors plus intense. Je serrais les dents pour ne pas hurler mais je sentais ma vue se brouiller peu a peu.

 

« -Quel délice !! Je vais assouvir ma soif de sang éternel. »

 

Il sorti une longue épée… large d’une coudée au moins qu’il sembla soulever comme un simple fétu de paille. Je baissais la tête, attendant l’inéluctabilité de ma mort.

 

Mais le mage noir avait complètement oublié Frumbak, obsédé qu’il était par son désir de sang. Celui-ci se rappela a son bon souvenir en le chargeant directement au niveau des genoux, lui infligeant une longue entaille qui eu le mérite de le faire chanceler.

 

« - Traître de nain !! Si c’est ce que tu souhaite alors tu subiras la mort avant ton ami. »

 

Il abattit son épée avec une vitesse surprenante. Mais mon ami nain avait déjà sauté près de deux mètres plus loin, ce qui eut le don de faire enrager Imraol. Nous étions tout deux en mauvaise posture, mais nous luttions cœur et âmes de concert. Le grand nécromant ne semblait décidément pas ouvert à la négociation… et encore moins à la pitié. Il nous fallait passer à l’assaut.

 

J’aperçus une brèche alors que le mage noir tentait une nouvelle fois d’abattre son glaive sur Frumbak. Quand son épée était au plus haut, qu’elle allait descendre, son pied gauche se rapprochait légèrement du droit, le déséquilibrait l’espace d’un instant. C’est à ce moment qu’il fallait attaquer. Il fallait frapper en un éclaire, l’erreur n’était pas permise… Je devais pousser mon adversaire à la faute, lui faire commettre l’erreur qui déciderait de l’issu de ce combat. 

« - Et bien ! Si c’est tout ce qu’est capable le maître des morts… Je m’amuserais sûrement plus dans une bonne bagarre dans une taverne ! Criais je »

 

Imraol se retourna, les yeux encore plus rouges que le sang qui coulait de ma plaie. En deux pas immense il fut au dessus de moi et leva son glaive…

 

Maintenant !

 

Je le frappait à la jambe droite, déjà affaiblit par la première charge du nain. J’esquivait la lame du sorcier et lui assenait un deuxième coup en rassemblant tout ma colère. La jambe ne résista pas. Imraol tomba lentement. Il hurla et son crie me glaça le sang.

 

« - Que vienne a moi le puissance de Cemiros l’obscur. Qu’il me donne son corps pour vaincre la Lumière, qu’il me donne sa rage pour arracher la Vie, qu’il me donne sa force pour écraser le Pur ! »

 

Même à terre, il restait terrifiant. Frumbak était retourné se cacher derrière son rocher et me hurlait de venir le rejoindre.

 

« - Il invoque le Dieu Noir, hurlait il paniqué, nous ne pouvons vaincre !! »

 

Etrangement, je ne sentais pas la peur. Je ne connaissais pas ce Dieu Noir, je ne le craignais donc pas. Imraol était toujours allongé sur le sol mais pris de soubresauts grotesques. Il semblait en proie à une douleur terrible mais riait cependant. Je n’étais pas tétanisé par la peur, mais j’étais simplement curieux de voir ce que me resservait cet adversaire.

 

L’obscurité était complète. En tant qu’Elfe, je voyais la nuit comme en plein jour, mais cette nuit était l’œuvre d’un Mal tellement brut que je ne distinguais que difficilement les formes. Le corps d’Imraol sembla grandir. Le membre tranché repoussa étrangement. Il ne s’agissait pas d’une jambe, mais de plusieurs, tels des tentacules perverses. Ses bras s’allongeaient et ses doigts parurent se multiplier. Il s’était relevé. Il n’avait plus aucune prestance. Il ne ressemblait plus qu’a l’un de ses soldats. Beaucoup plus grand, beaucoup plus monstrueux, mais juste un soldat…

 

« - Par la noirceur de ce monde je vais t’écorcher vif Elfe ! »

 

Sa voix n’avait plus rien d’attendrissant. Elle était emplie de haine, de vilénie. Elle était forte et directe, pas chevrotante comme quelques temps auparavant. Il poussa un cri dans une langue que je ne connaissais pas et se mit à vomir une épais feu noir. Je ne bougeais pas. Serein… étrangement serein.

 

Le feu se dispersa juste devant mes yeux. Je sentais la chaleur mais pas la brûlure. Une pâle lumière blanche. L’enfant. L’enfant que j’avais vu dans les sombres marais d’Imraol se tenait devant moi, me protégeant des flammes tel un bouclier. Il se tourna vers moi et me sourit.

 

« - Il est temps Maelan… Temps que tu prennes conscience de l’ampleur de ton pouvoir, et de toutes les responsabilités qui en découle. Tu aurait du être encadré dès de ton plus jeune age par les plus puissant, mais l’ardeur des Elfes a conserver une lignée pure en a décidé autrement. C’est maintenant qu’il te faut apprendre. Maintenant que tu dois t’ouvrir, maintenant que tu dois découvrir la magie… 

- La magie ? Je ne suis qu’un Elfe abandonné par les siens, adepte des danses de la mort, pas des mots obscurs.

- La magie n’est pas forcément obscure. Souviens toi les fées. Souviens toi la louve et le cerf. Tu es le protégé d’Erda, la Mère de toute chose. Elle est souveraine sur cette Terre comme tu seras un jour Roi d’une autre. Ne réfléchit pas, agit simplement. »

 

Imraol vomissait toujours ses flammes mais la chaleur n’était plus une gène. Je fermais les paupières, retrouvant mon calme, je sentis une palpitation bizarre dans le fond de mon ventre. C’était comme un deuxième cœur, drainant un autre sang dans mon corps, une autre énergie. Je ressentais le même battement long, profond autour de moi. Les fées m’avaient dit les mots.

 

* Naï tiruvantel ar varyuvantel i Erda tielyanna nu Vilja *

 

Le ciel s’ouvrit littéralement. Un rayon de lumière d’une blancheur éclatante éclaira le champs de bataille un instant. L’incarnation de Cemiros se figea sur place. Je saisis alors mon arc que j’avais gardé dans le dos. Je pris deux flèches dans mon carquois, les deux dernieres.  Je les encochais

 

« -Erda, guide mon trait… »

 

Pour la première fois je priais. Une déesse que j’étais censé connaître mais dont j’ignorais tout. Une déesse que je devrais apprendre à connaître et à représenter. Les flèches volèrent. Droit d’abord, puis s’enroulèrent l’une autour de l’autre. Un éclair blanc éblouissant et j’aperçus un cerf qui renforcer l’immonde Imraol puis une louve au poil argenté qui lui sautait à la gorge pour en extraire la vie.

 

Le garçon me sourit.

« - Tu as vaincu. Tu seras grand Maelan si tu marches dans le juste chemin que t’indiquera la Déesse. Il me faut partir… savoure ta victoire, mais reste sur tes gardes. D’autres combats d’attendent… »

 

Il disparu ainsi que la louve et le cerf. Imraol avait retrouvé son apparence initiale mais gisait sur le sol, sans une once de vie.

 

Le temps reprit son court et en une fraction de seconde, tous les morts s’écroulèrent comme un château de carte.

 

Les nains étaient perdus. Frumbak me regardait presque avec crainte. Les nains avaient vaincus mais j’allais devoir leur expliquer comment…

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Samedi 27 octobre 2007


Les nains sont des combattants farouches. Malgré leur petite taille, ils savent frappés les points faibles des adversaires. Ils disposent d’une agilité hors du commun et son capable de trancher presque n’importe quoi avec un simple coup de hache. Ils sont aussi solides que le roc, et la rage dont ils font preuve aurait effrayé n’importe quel adversaire. Mais les morts ne sont pas soumis à la peur, ni à la douleur, les nains devaient donc mettre en œuvre toutes leurs forces et leur courage pour tenir un front stable. Les lignes se succédaient, les blessés étaient rapidement évacués vers l’arrière et les soldats fatigués pouvaient souffler quelques instants avant d’être rappelés au combat.

Je me tenais aux cotés de Frumbak. Nous étions montés sur un rocher pour avoir une vue plus globale des combats. Mon ami hurlait les ordres avec forces pour que sa voix domine les bruits des combats.


« Ligne 3, repli ! Ligne 4, en avant »

Presque avec élégance, tel une danse, les soldats reculaient en se protégeant de leur bouclier, pendant que d’autres arrivaient au courant pour ajouter de la vitesse à la puissance de leur frappe. Les morts reculaient alors de quelques pas sous la force de l’impact, puis reprenaient leur avancé. Aucune partie ne prenait l’avantage, et si le combat devait durer, les morts auraient le dessus car ils ignoraient la fatigue.

Presque avec dégoût, Frumbak  hurla des ordres nouveaux


« - Amenez les buveurs !! »

Une bonne centaine de nain s’avança alors. Ils ne marchaient pas droit et chantaient monstrueusement faux. Leurs regards était vide et contrairement aux autres soldats de l’armée, ils n’étaient ni habillé ni préparé pour le combat. Leur odeur nauséabonde n’avait pas grand-chose à envier à celle des cadavres ambulants. Bien qu’ils marchaient avec difficulté, sans paraître faire attention à ce qui se passait autour d’eux, ils gardaient les yeux rivés sur une petite bougie qu’ils avaient l’air de vouloir garder allumée. Ils portaient tous un énorme tonneau sur le dos, un tonneau rempli d’un alcool si fort qu’il s’embrassait au moindre contact avec une flamme.


On m’expliqua plus tard qu’il s’agissait des « buveurs », des nains reclus de leur société, souvent tombés en déprime après le déshonneur d’une défaite, ou simplement une rupture amoureuse. L’histoire de la création de cette unité « d’élite naine » est des plus simple. Sigar Brule-le-Foie était un nain respecté parmi les siens mais sa femme partit avec un orc pour des raisons que la morale m’interdit de développer ici. Après avoir appris cette nouvelle, il se mit a boire de plus en plus. Une nuit, après une bonne blague, il fut pris d’un fou rire et cracha au visage de son interlocuteur l’alcool qu’il avait en bouche. La bougie qui se trouvait devant lui enflamma alors le jet de liquide pour le transformer en une terrible langue de feu, tel le souffle du plus puissant des dragons, au grand désespoir du blagueur qui mourut sur le coup. La technique fut alors développée et aujourd’hui encore, avant la bataille, les généraux racontent cette histoire aux buveurs qui partent à la bataille en chancelant et le sourire aux lèvres.


Les premières reculaient alors qu’arrivait cette unité kamikaze. Les nains soul commencèrent à vomir leurs tripes en feu et les lignes putréfiées furent littéralement réduites en cendre. Le feu se propageait sur les chairs mortes comme dans un champ d’herbes sèches. Une brèche était ouverte, il fallait continuer l’effort. Frumbak sauta de son rocher et je le suivis.

«- Compagnie des Rocs,  avec moi !! Chargez !! »

Il appelait a lui la vraie unité d’élite naine. Des guerriers pures, élevés dans le sang et la douleur, dans la sueur et la poussière, dans la recherche permanente d’efficacité mortelle. Ils étaient plus grands et plus fort que les autres nains, les cheveux et la barbe coupé courts pour éviter que les poils ne gênent la vision du combat. Ils venaient à pied, mais couraient sans doute plus vite qu’un char, malgré leurs armures et leur hache énorme. Entièrement protégé, il aurait fallu plusieurs coups de Troll pour espérer trouver une faille dans leurs protections, digne des plus grands Rois et issues des meilleures forges naines.


En un instant je me retrouvais dans la brèche avec tout au plus une vingtaine de nains entraîner à tuer depuis leur plus jeune âge. Nous avancions. Pas à pas certes mais nous avancions. De toute part je tranchais, coupait, dansant les passes que m’avait appris mon père. Des blessures j’en reçu plusieurs mais rien ne m’empêchait de poursuivre la lutte. Encouragé par les cris assoiffés de sang de l’unité des Rocs, nous avancions.

Je relevais la tête pour m’apercevoir que nous avions déjà enfoncé les lignes adverses d’une centaine de mètre. Rien ne semblait résister aux rocs, pas un seul n’était tombé ! Je regardais vers l’avant et je croisais une nouvelle fois le regard du seigneur des morts. Jamais je n’avais été si prêt de lui et je découvris enfin ce qui lui servait de visage.

Sa langue pendait mollement, car il n’avait plus de mâchoire inférieure. Sa lèvre supérieure paraissait rongée par la galle, présentant de nombreux bulbes gras. Son nez ne semblait pas en meilleur état et on pouvait voir son arête à travers une peau pâle et fine. Au dessus des joues creusées par la vermine, brillaient deux flammes. Presque perdues dans l’obscurité d’un visage inexpressif, ces deux points lumineux d’un rouge sombres brillaient comme deux étoiles uniques et sanglantes.

J’entendais encore les combats, mais le son était diffus, comme si la lutte se tenait à plusieurs lieux de là. Je regardais autour de moi et je ne voyais rien. J’étais dans une plaine marécageuse. Dans une eau croupissante, poussaient des petits îlots de végétation, comme un rappel que la vie continuait même dans les endroits les plus hostiles. J’avais de l’eau seulement jusqu’aux genoux mais le froid remontait jusqu’au plus profond de mon cœur. Je me sentis soudainement perdu, seul, et inutile. J’essayais d’avancer, mais mes pieds s’enfonçaient toujours plus profondément dans la vase. La fatigue venait rapidement, et l’eau montait, j’en avais déjà jusqu’aux hanches. Je n’avais plus la force ni l’envie de continuer…

Alors que je commençais à fermer les yeux pour m’allonger dans l’eau et me laisser mourir, un petit garçon apparu. Il était tout vêtu de blanc et arborait un sourire réconfortant. Lui ne s’enfonçait pas, il marchait sur l’eau comme si il s’agissait de la terre ferme. Une pâle lumière émanait de lui et il s’approcha pour me la faire partager. Il s’accroupit alors pour mettre son visage au niveau du mien.


« - Qu’est ce que tu fais ici, me demanda-t-il
- Je ne sais pas…

- D’où viens tu ?
- Je ne sais pas…
- Et tu veux aller où ?
- Je ne sais pas non plus… »


Que pouvais je répondre ? Inutile… J’étais la, sans savoir pourquoi, et encore moins comment. Je n’étais pas à ma place, c’est tout ce que je savais. Je n’aurais pas du vivre, je n’avais rien à faire à dans ce monde. La seule option était de corriger cette erreur et me laisser mourir. Je pliais les genoux sous l’eau… j’en avais maintenant jusqu’aux épaules. Le petit garçon s’allongea sur le ventre et posa sa tête dans ses mains.

« - Et moi ? Qui je suis ? demanda-t-il alors
- Qu’importe…

- D’où je viens ?
- Sans doute du délire d’un mourrant…
- Tu vas mourir ?
demanda-t-il naïvement
- Que puis je faire d’autre, répondis je dans un souffle »

Le petit garçon rit aux éclats.

« - Déjà, tu pourrais sans doute sortir de l’eau. J’aime pas l’eau ! C’est froid et sale, c’est pour ça que je vais pas dedans…

- Mais que puis-je faire d’autre ? Je ne…
- Ah ! Voilà, la vraie question ! Qu’est ce que tu peux faire ? Quelles sont tes limites ? Ce qui te défini, est-ce ce que tu fais, ou ce que tu peux faire ? Qu’importe le passé, qu’importe le présent, la seule chose qui compte n’est-ce pas ce qui va venir ? Tu es venu ici, tu es dans l’eau…Vas-tu te laisser perdre, ou sortir pour lutter ?
- Pourquoi lutter ? »


Je regardais l’enfant dans les yeux. Des yeux d’un bleu profond rappelant le ciel d’été. Un bleu clair comme la rivière dans laquelle j’allais me plonger avec Maerick, mon père. Le blond des cheveux du garçon me rappela les blés qui poussaient et avec lesquels Irulan préparait un pain croustillant que j’aimais manger chaud. Ses petites joues rondes me rappelèrent la bouille amicale d’Arvor, cet homme qui était mort sous mes yeux.

« -Et lui ? me demanda l’enfant »

Je vis dans ses yeux comme a travers une fenêtre, et j’aperçu Frumbak luttant face aux hordes de morts. Il protégeait un corps inanimé. Mon corps... De nombreux rocs étaient tombés et ils étaient toujours encerclés, affrontant des ennemis de plus en plus nombreux. Dans un éclair, j’entendis alors clairement le son de la bataille, les cris de guerre de nains, les râles d’agonie des blessés, les rugissements des morts.

« - Regarde ce qui se peut se passer… »

Je vis alors des morts dévorant les nains tombés, je vis la ville de Kalandar en cendre, je vis le seigneur des morts se faire relever des cadavres pour le servir, je fis Frumbak, les yeux inexpressif, s’agenouillant devant lui. Je vis l’obscurité s’étendant aux régions voisines, puis aux autres, jusqu’à ce qu’elle recouvre le monde entier…

Le petit garçon me regardait avec un air triste et interrogateur


« - Voila ce qui doit arriver… Mais tu es là, que tu le veuilles ou non, tu es là. Que tu saches pourquoi ou pas. Tu n’aurais pas du être, mais tu es. Peut être pourras tu faire quelque chose, peut être pas… Qu’est-ce ce qui compte ?
- Qui es-tu ?
- Peut être que je te le dirais, si tu survis… saches juste que tu as le pouvoir des grands, le pouvoir de changer les choses. Tu peux le laisser mourir avec toi, ou l’utiliser.
- Aide moi !
- Ne t’ai-je pas suffisamment déjà aidé ? »


Je sentais l’odeur du sang autour de moi. Le bruit était assourdissant. Je sentis une main rude me saisir l’épaule pour me relever. Je levais les yeux et je vis Frumbak penché sur moi.

« - C’est pas l’heure de la sieste l’elfe ! Bats toi tant que tu n’es pas mort !

- Mais…
- Lutte ou meurs ! Mais arrête de parler ! »


Il me relâcha et se retourna pour trancher d’un seul coup deux cadavres qui s’approchaient un peu trop de lui. Je me relevais difficilement, je ramassais mon épée et je regardais autour de moi. Des rocs étaient tombés… Le cercle des adversaires se resserrait. Tout se passait comme l’avait dit le garçon, mais j’étais maintenant debout. Je pris mon épée qui était tombé au sol. Je commençais alors les danses de mort que Maerick m’avait appris. Je me sentais au chaud comme lorsqu’Irulan me prenait dans ses bras. Je m’entendais rire du rire franc d’Arvor. Et Frumbak près de moi hurlait ses ordres. Je luttais à nouveau. Je luttais pour changer les choses.

Je regardais au loin, le seigneur des morts était descendu de sa monture sombre. Il s’approchait vers nous, ses yeux rouges brillaient plus fort qu’auparavant. Je sentais son énervement. J’entendis sa voix dans ma tête


* Tu aurais du mourir dans mes marais, elfe ! Mais qu’importe ! Je te tuerais de mes propres mains…*

 

 

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Vendredi 28 septembre 2007

L’armée des nains

Le ventre de la terre vomissait une foule de petits personnages velus et surexcités. En première ligne venaient les généraux, fièrement dressés sur leurs chars tirés par des sangliers aux yeux étrangement rouges. Le plus majestueux des «équipage s’arrêta à notre hauteur. Les sangliers furieux grattèrent le sol avec force, visiblement impatient eux aussi d’aller au combat. Le char était presque entièrement rehaussé d’or et de pierres plus précieuses les unes que les autres, et les roues présentaient des lames tranchantes travaillées dans un métal qui semblait changer de couleur suivant la lumière. L’ensemble était tout à la fois terrifiant et fascinant.

Un nain chauve, plus petit que Frumbak en descendit. Il n’avait pas de barbe mais les nombreuses cicatrices qui étaient visibles sur son visage ne laissaient aucun doute sur son expérience du combat. Ses yeux pétillaient comme deux étoiles dans la nuit noire. Il s’approcha de nous, me jeta un simple coup d’œil puis s’arrêta devant Frumbak pour lui administrer une somptueuse baffe.


« - Torboyo !! Vous êtes un incapable !! Vous avez une ville avec des défenses solides et vous êtes incapable de tenir la position à trois contre un. Que dirait votre père ? »

Frumbak baissa la tête. L’armée naine s’était arrêtée derrière son général et tous observaient la scène. Mon compagnon était humilié publiquement et semblait avoir perdu tous ses moyens. Je me levais et m’avancais vers ce nain imberbe et visiblement imbu de sa personne.

« - Où étiez vous lorsque le soleil est tombé à l’horizon ? Lorsque les hommes de cette ville étaient si effrayés que partout on pouvait sentir l’urine qui salissait leurs chausses ? Qui êtes vous pour nous dire à combien d’ennemis nous avons fait face ce soir ? Je doute que quiconque ait pu tenir cette position même à deux contre un ! Et nous étions que cinq cents pour faire face à cinq milles ! Ce qu’aurait dit son père ? Tu t’es battu avec honneur fils, maintenant reprends ta hache et ton courage, nous avons une ville à libérer. Qu’importe ce qui s’est passé ici cette nuit. Vous êtes arrivé trop tard pour nous soutenir, et il va falloir maintenant se battre rue par rue pour reprendre la ville ou simplement la laisser aux mains de l’ennemi. Je sens que la deuxième option vous tente beaucoup plus… Vous n’avez que faire de cette ville et de ses habitants ! Vous êtes un pleutre égocentrique imberbe et vraiment petit.


- Tais toi elfe !
- Que je me taise ? Vous sentez vous insulté maître nain ?
- Tu es bien comme tout ceux de ta race… Une langue trop pendue et des bras trop faibles. Retournes donc parmi les tiens, à rester caché sous les arbres, à chanter je ne sais quelle comptine racontant les exploits réalisés par ta race il y a plusieurs milliers d’années. Les elfes ne sont que de vieux fous séniles, se vautrant dans une gloire de plus en plus ternie par la passivité face aux événements actuels.
- Je ne suis elfe que par ma naissance…Mon éducation vient d’un peuple encore plus ancien, mes armes je les ai reçues de mon père adoptif qui était humain, comme la moitié des habitants de cette ville. Et le courage je l’ai appris de celui que tu traites d’incapable…"


Pendant plusieurs minutes, nous sommes resté face à face. Je n’avais aucune légitimité et je tenais tête au général de l’armée naine… Action inutile au possible. Nous aurions passer des jours à nous insulter, traitant nos races et nos ancêtres de tout le noms d’oiseaux possibles et imaginables, mais la raison de la présence de l’armée naine se rappela à notre bon souvenir.

Au bout du défilé, j’aperçu par dessus la tête du nain un grand cavalier noir sur un cheval squelettique. Mon regard croisa ses yeux rouges…


« Les nains ne sauveront pas la ville. J’en suis le maître, et chacun des hommes tombés ce soir est venu renforcer les rangs de mon armée… vous allez mourir ici, et maintenant ! »

Le lien se rompit alors, m’infligeant au passage une terrible douleur a la tête,  et une sombre corne tonna dans l’obscurité. Derrière le cavalier, surgit une première ligne d’ennemi, puis deux puis cent. L’armé des morts avait déjà traversé la ville et s’apprêtait maintenant à anéantir les forces venues secourir la cité de Kalandar. Le grand nécromancien restait seul au milieu de ses troupes, tel un rocher dressé fièrement au milieu d’un torrent en furie.


Le général restait coi. Des murmures de terreur s’amplifiaient dans les rangs de ses troupes. Déjà certains commençaient à reculer pas à pas, pour ne pas se trouver en première ligne lorsque que les deux armées entreraient en combat rapproché. Bien que lente, l’avancée de l’armée morte semblait une fois de plus inéluctable. Le général, dont la langue était si vive quelques instants auparavant, semblait soudain plus muet que la plus muette des carpes.

Frumbak le regarda un instant, puis tourna son regard vers moi


« - Merci, mon ami, mais la nuit n’est pas encore finie… Il semble que notre bon général ne s’attendait pas à un comité d’accueil si impressionnant. Laissons le réfléchir à la meilleure technique pour faire face à la menace, et allons combattre. »

Il se tourna alors vers l’armée naine, qui se désorganisait peu à peu, et leur hurla

« - Mes frères !! Mes chers frères, j’aurais tant voulu vous retrouver dans d’autres circonstances, mais le temps nous manque. Vous êtes venu ici pour une raison unique ! Faire barrage de vos haches, de vos corps et de votre courage à l’armée du seigneur des morts ! Et vous reculez alors que le plus beau des combats s’annonce ? Êtes vous resté si longtemps dans les taverne à boire que vous en avez oublié la chaleur réconfortant du sang qui s’écoule de vos blessure ? Avez vous oublié aussi le bruit du crâne qui explose sous un coup de marteau ? Avez-vous effacé toute trace de ce courage qui fait de nous, les nains, le peuple le plus intrépide de tout le monde connu ? Si c’est le cas, alors fuyez, retournez dans vos grottes et attendez que la terre s’écroule autour de vous ! Retournez dans les jupes de vos mères et pleurez en attendant que la mort vous frappe ! »

Les nains, déjà petit, baissaient la tête. Frumbak avait touché juste. Depuis trop longtemps les guerriers étaient inactifs et ramolli par des litres de bière bu par habitude…

« - Moi, Frumbak Torboyo, fils de Garjock Torboy mort au combat en sa position de général, je lutterais !! Seul s’il le faut !! Ma hache tranchera les corps de mes ennemis ! J’offrirais mon corps avec joie à la folie destructrice de ses êtres que je hais tant ! Mais ils payeront cher le prix de ma vie, s’ils arrivent à me la prendre. Et si je tombe, je serais fier de m’être battu comme mon père avant moi, je serais honoré d’avoir lutter pour protéger l’honneur et la vie du peuple nain, je partirais en sachant que j’aurais fait mon possible, sans regret ni remord… Lutterais je seul ? »

Etrangement, le silence était tombé à ses derniers mots. Le temps semblait suspendu. Même l’armée des morts paraissait attendre. Pendant un instant, la nuit sembla moins noire, et un mince rayon de lune parvint à rompre l’épais nuage pour illuminer Frumbak. Son armure, bien que couverte de poussière et de sang, étincela un bref moment alors qu’il sortait sa hache. Il parut plus grand, plus fort, tel un ancien Dieu guerrier des nains. Il leva la tête vers le ciel et murmura d’ancienne incantation, appelant à lui les forces des roches et le pouvoir de la lumière dans sa langue dure et gutturale.

« B'zugda-hiara »

Le sol trembla, et subitement sa hache se mit à brûler d’un sombre feu. Il cria à nouveau

« Lutterais je seul ? »

Je voyais mon ami d’un œil neuf. On sentait dans ce moment critique toute la force de son ascendance. Il n’était pas seulement un nain. Il était fils de général, né pour protéger son peuple, pour le mener dans les heures sombres, le faire se dresser fièrement face à l’adversité. Je me suis alors levé, et prêt de mon ami, je dressais à mon tour mon épée dans la lumière de la lune.

« - Je lutterais ! »

L’armée naine sortie de son mutisme. Les nains regardèrent un instant le ciel puis leur nouveau leader. Et d’une seule voix, ils crièrent en levant leurs armes :

« - Nous lutterons ! »

Dans un tonnerre assourdissant, l’armée se mit en branle, d’un pas serein puis de plus en plus vite. J’étais en première ligne et prêt de moi se trouvait le nouveau général nain… Il riait en levant sa hache et lorsqu’elle s’abattit sur le premier ennemi à porté, je l’entendis hurler

« - Voila mon rêve !! Je serais général jusqu'à ma mort !! Gloire aux nains !!»

 

 

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